Alimentation

Par Céline Saloumi, nutritionniste-diététiste et co-créatrice du Programme Endométri-OSE, un programme qui combine des informations médicales, des stratégies pratiques, et un accès à une nutritionniste et une infirmière/ostéopathe.

Bien manger pour gérer l’endométriose

L’endométriose, une maladie chronique et inflammatoire qui touche environ une femme sur dix. Les traitements conventionnels impliquent souvent des médicaments, des hormones et parfois même la chirurgie. Dans cet article, nous allons explorer comment les habitudes alimentaires peuvent jouer un rôle important dans la gestion de l’endométriose.

Endométriose et alimentation : Démystifions

Tout d’abord, il est crucial de souligner qu’à ce jour, il n’existe pas de « diète miracle » spécifique pour l’endométriose. De plus, il est important de distinguer que l’alimentation ne peut pas guérir l’endométriose. Malheureusement, il circule sur le web et les réseaux sociaux de nombreux conseils non fondés scientifiquement et plus basés sur des expériences personnelles.

Alors, qu’est-ce que la recherche scientifique nous apprend réellement sur l’alimentation et l’endométriose?

Choisir les bons gras pour apaiser l’inflammation

Certains choix alimentaires peuvent impacter l’inflammation, un élément central dans l’endométriose. Les acides gras trans et un déséquilibre entre les oméga-6 et les oméga-3 peuvent favoriser l’inflammation (1). Par conséquent, réduire la consommation d’aliments riches en acides gras trans, tels que les frites, les beignes, et les aliments frits, est une stratégie gagnante.

De plus, des études suggèrent que les femmes ayant un apport élevé en acides gras oméga-3 ont un risque réduit de développer l’endométriose (2). Introduire dans l’alimentation des aliments riches en oméga-3, surtout de source marine, peut aider à réduire la production de prostaglandines pro-inflammatoires et ainsi atténuer la douleur associée à l’inflammation.

Ajouter de la couleur dans l’assiette

Une alimentation riche en antioxydants peut aider à diminuer l’inflammation liée au stress oxydatif, un facteur impliqué dans l’endométriose. Une étude a montré que les femmes atteintes d’endométriose ont amélioré leur état de santé en consommant des aliments riches en antioxydants tels que les fruits, les légumes et les produits végétaux (4).

Les vitamines C et E, présentes dans ces aliments, ont même été liées à une réduction des douleurs liées à l’endométriose. De plus, les fruits et légumes sont une source précieuse de fibres, favorisant un bon transit intestinal, essentiel pour le métabolisme des hormones (5).

L’approche FODMAP : Une piste à explorer

Les FODMAPs, un acronyme pour Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides, And Polyols, sont des types de glucides présents dans de nombreux aliments courants. Ces glucides sont connus pour leur potentiel à déclencher des symptômes gastro-intestinaux.

La diète FODMAP, conçue initialement pour gérer les symptômes du côlon irritable, peut également être utile pour les personnes atteintes d’endométriose en raison de symptômes similaires. Elle consiste à éliminer pendant une période limitée des aliments riches en FODMAP dans l’objectif de déterminer les aliments qui déclenchent des symptômes digestifs. Cependant, il est impératif de la suivre sous la supervision d’une nutritionniste-diététiste qui maitrise l’approche.

Produits laitiers, gluten et endométriose : La vérité révélée

La question des produits laitiers et du gluten est complexe. Les produits laitiers ne semblent pas être problématiques pour l’endométriose, sauf si des symptômes d’intolérance au lactose sont présents. En effet, une grande étude a même conclu qu’une consommation de produits laitiers est associée à un risque diminué d’endométriose (6). En ce qui concerne le gluten, des études limitées suggèrent qu’une diète sans gluten pourrait réduire les douleurs associées à l’endométriose, mais il est nécessaire d’approfondir ces recherches.

L’approche à envisager dépend des symptômes individuels. Chaque personne vit son endométriose de façon différente et les restrictions alimentaires qui ne sont pas nécessaires perturbent la flore intestinale.

À retenir

En conclusion, il est important de reconnaître que les changements alimentaires peuvent jouer un rôle complémentaire important dans la gestion des douleurs et des symptômes liés à l’endométriose. Cependant, chaque personne est unique, et ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Si vous cherchez à adapter votre alimentation pour mieux gérer votre endométriose, il est vivement recommandé de consulter une diététiste-nutritionniste qui comprend bien la maladie. Un support professionnel permet d’adapter les choix alimentaires à vos besoins individuels.

Références

  1. Trans fats linked to increased endometriosis risk and omega-3-rich food linked to lower risk
  2. Endometriosis, dysmenorrhoea and diet
  3. Seeing red: diet and endometriosis risk
  4. A prospective cohort study of Vitamins B, C, E, and multivitamin intake and endometriosis
  5. Effect of daily fiber intake on reproductive function: the BioCycle Study
  6. Dairy-Food, Calcium, Magnesium, and Vitamin D Intake and Endometriosis: A Prospective Cohort Study
  7. Gluten-free diet: a new strategy for management of painful endometriosis related symptoms?