Plantes médicinales

À voir également, le Webinaire EndoZen sur l’herboristerie d’Annie Bazinet, herboriste clinicienne et propriétaire de Dryade Herboristerie.

 

Vision holistique, plantes et suppléments

Par Sarah-Maria LeBlanc, Herboriste-Thérapeute (HTA) spécialisée en santé des femmes (gynécologie holistique)

L’accompagnement au naturel des problèmes de santé des femmes peut transformer la vie des femmes qui décident de s’engager dans cette voie. Les médecines alternatives conçoivent la santé de façon holistique et systémique. Ainsi, nous concevons les différents systèmes du corps comme ayant un impact les uns sur les autres et c’est pourquoi le traitement s’adressera à plusieurs systèmes en même temps. Souvent dans le cas de l’endométriose, par exemple, nous adresserons la digestion, le système nerveux et immunitaire en même temps que l’équilibre hormonal et la santé gynécologique.

De la même façon, nous considérons qu’il est important d’allier alimentation, plantes médicinales, suppléments et hygiène de vie pour s’adresser à cette condition et nous encouragerons aussi les autres thérapies complémentaires comme l’acupuncture ou l’ostéopathie. Si nous n’avons pas le choix d’utiliser une approche symptomatique ou allopathique (douleurs menstruelles = plantes pour diminuer la douleur), le but pour nous est d’aller à la source du déséquilibre et non simplement de soulager. Dans cette optique, nous conseillons aux femmes de consulter un-e herboriste-thérapeute spécialisé-e en santé des femmes pour entreprendre un traitement complet. Cette personne pourra, de concert avec un traitement de médecine conventionnelle ou complètement au naturel selon son choix, entreprendre une démarche plus efficace et durable.

Nous encourageons les femmes à reprendre leur pouvoir sur leur santé. C’est votre corps, Vous seule savez ce qui est juste pour vous!  Il est important de connaître les plantes médicinales et suppléments de base pour s’auto-accompagner lors de leur cycle, pour soutenir la santé de leur utérus et pour diminuer les douleurs menstruelles associées à l’endométriose. Voici un petit quiz vrai ou faux en lien avec la gynécologie holistique.

 

VRAI OU FAUX?

« J’ai trop d’œstrogènes, je ne dois pas prendre des plantes oestrogéniques ou manger des aliments oestrogéniques. »

FAUX! Au contraire, les plantes oestrogéniques protègent les récepteurs hormonaux des xéno-œstrogènes et aident la détoxification de nos œstrogènes naturelles. Le docteur Béliveau en parle ainsi : « En raison de cette similitude structurale, ces phytœstrogènes agissent comme antiestrogènes et peuvent donc interférer avec le développement de cancers dont la croissance dépend de ces ­hormones, notamment le cancer du sein; c’est un effet antagoniste. » Lire l’article concernant la dernière étude sur le soya.

 

« Il paraît que les plats de plastique et les cosmétiques conventionnels pourraient contribuer à l’endométriose. »

VRAI! Effectivement, les perturbateurs endocriniens sont les vrais coupables des surplus d’oestrogènes ou d’hormones androgènes, tout comme le stress et la glycémie. On les retrouve entre autres dans tous les plastiques, produits d’hygiène et cosmétiques pharmaceutiques, produits nettoyants conventionnels et beaucoup d’autres produits. L’OMS a d’ailleurs publié un rapport en 2012 nous mettant en garde contre le danger de santé publique que constituaient les perturbateurs endocriniens. Pour mieux comprendre, lire mon article ici.

« Rien ne prouve que le sucre ait un impact sur la santé hormonale, ni le stress. »

FAUX! On découvre de plus en plus le lien entre le syndrome de résistance à l’insuline, qui se développe très souvent chez les individus qui mangent des aliments à haute valeur glycémique et les hormones androgènes. On peut le voir, par exemple, dans ces études : Polycystic ovarian syndrome, insulin resistance and thickness of the endometrium, Induction of insulin resistance by androgens and estrogens, Insulin Stimulates Androgen Accumulation in Incubations of Ovarian Stroma Obtained from Women with Hyperandrogenism

 

« Il faut prendre des plantes médicinales pendant au moins deux semaines avant qu’elles fassent effet ».

FAUX! S’il est vrai que pour rétablir l’équilibre hormonal et/ou traiter des conditions complexes comme l’endométriose avec l’herboristerie, cela prend plusieurs mois, certaines plantes agissent en quelques minutes. C’est le cas de plantes calmantes, qui font sentir rapidement un effet de relaxation, ou des plantes antispasmodiques utérines, anti-inflammatoires et/ou sédatives utérines, qui agissent en l’espace de minutes ou du moins, d’heures.

 

Plantes médicinales et produits de santé naturels pouvant être utilisés dans les cas d’endométriose

Ces descriptions sont tirées et parfois adaptées du livre Sagesse et Pouvoirs du Cycle Féminin, voir dans la bibliographie

 

Framboisier (Rubus idaeus)

Les feuilles du framboisier sont riches en flavonoïdes, en tanins et en minéraux. C’est une plante nutritive extraordinaire. Astringente, elle donne du tonus à l’utérus et ses ligaments, facilitant ainsi les menstruations et l’accouchement. Lors des règles, on pourrait ne boire que des feuilles de framboisier et notre corps en serait très content. Antispasmodique utérin, le framboisier est d’un grand secours lorsque notre ventre est douloureux. Pour vraiment bénéficier de ses effets, il faut en boire de grandes quantités en tisane ou prendre plusieurs doses de teinture, jusqu’à ce que les crampes cessent.

Parties utilisées : Feuilles (cueillies avant la floraison)

Utilisations :

  • En tisane : une bonne poignée de feuilles par litre (concentré). Pour les crampes, utiliser une théière d’un litre ou un pot « maison », boire pendant que c’est chaud, remettre 4 cuillères à soupe de feuilles puis remplir d’eau chaude, et boire encore. Il faut en boire 2 à 4 litres par jour, si possible.
  • En teinture (ou alcoolature)
    • pour prévention, un compte-gouttes ou la dose intuitive, 2 à 3 fois par jour.
    • pour guérison des crampes : un compte-gouttes chaque quart d’heure jusqu’à l’arrêt des douleurs. Ne pas dépasser 400 gouttes de teinture par jour.

Pissenlit ( Taraxacum officinale)

Ce pissenlit si mal-aimé est une merveilleuse pour le foie. Il aide ce dernier à se débarrasser efficacement du surplus d’hormones, notamment des xéno-œstrogènes, et ainsi à diminuer les sautes d’humeur et les malaises digestifs associés aux SPM. Grâce à l’inuline contenue dans ses racines, il régularise la glycémie et le taux de cholestérol, ce qui supporte l’équilibre hormonal. Il peut également être utilisé pendant la grossesse et aider pour les problèmes de constipation et de nausée. Un vrai allié!

Parties utilisées : feuilles, au printemps et tout l’été, fleurs, lors de la floraison, racines, au printemps et à l’automne.

Utilisations :

  • En nourriture : ce n’est pas pour rien que ses feuilles sont mangées en salade depuis toujours. Délicieuses au printemps, elles stimulent le foie, brisant la stagnation de l’hiver. Ses fleurs sont aussi comestibles, en salade ou dans les sautés. Ses racines peuvent être torréfiées et moulues pour un succédané de café ami du foie.
  • En décoction : sèches ou fraiches, ses racines seront bouillies 10 à 30 minutes, pour en retirer toutes les propriétés.
  • En teinture (ou alcoolature) : en usage sporadique une semaine avant les menstruations, prenez 20 à 80 gouttes (0,5 à 2 ml), 2 fois par jour.
  • En cure : pour des périodes de 3 mois maximum, afin de laisser au foie la possibilité de faire son travail naturellement (excepté sur autre recommandation d’un(e) herboriste-thérapeute) : 20 à 40 gouttes 2 à 3 fois par jour.

Alchémille ( Alchemilla Vulgaris)

Progestéronique, l’alchémille régularisera le cycle en période prémenstruelle. En effet, elle créera de son astringence une magnifique cape autour de notre utérus et des autres organes du bassin! Aussi, elle pourra aider lors de menstruations douloureuses ou trop abondantes. Amère, elle est hépatique et elle aidera donc le foie à mieux métaboliser les hormones. Elle est souvent utilisée en plante ornementale dans les platebandes, comme une touche de féminin sacré qui passe inaperçue!

Parties utilisées : Feuilles et sommités fleuries

Utilisations :

  • En tisane (elle est un peu amère) : une cuillérée à thé par tasse infusée de cinq à dix minutes.
  • En teinture : 15 à 100 gouttes par jour à partir de l’ovulation.

 

Achillée Millefeuille (Achillea Millefolium)

La plante à utiliser en premier lieu lorsque l’on a un cycle désordonné et des menstruations douloureuses. Il faut commencer par utiliser l’achillée pour trois mois, en tisane et en teinture, avant d’aller vers le Vitex. Progestéronique, ses belles fleurs sont souvent utilisées dans le cas d’irrégularités du cycle et d’absence ou retard de menstruations. Comme l’alchémille, elle aide lors de saignements trop abondants, étant astringente et légèrement hémostatique. Amère et légèrement hépatique, elle aidera le foie à détoxifier le surplus d’oestrogènes.

Parties utilisées : Sommités fleuries

Utilisations :

  • En tisane : 1 cuil. à thé par tasse 1 à 4 tasses par jour.
  • En teinture ( alcool ou vinaigre) : de 15 à 100 gouttes 2 à 3 x par jour.

Aliments et produits de santé naturels à mettre dans notre vie lorsqu’on souffre d’endométriose (Sagesse et Pouvoirs du Cycle Féminin, p.68-71)

Les fibres

Présentes dans les légumes, les fruits, les céréales entières, les noix et les graines, elles réduisent les niveaux d’œstrogènes dans le sang de plusieurs façons : en empêchant la captation des œstrogènes par l’intestin, jusqu’au foie et de retour dans le sang (ce qui arrive malheureusement souvent, surtout lorsque la muqueuse intestinale est affectée). Les fibres comme le lin sont souvent reconverties par les bactéries de l’intestin en phyto-œstrogènes protectrices. Les fibres diminuent le gras, contribuant ainsi à ne pas créer de sites favorables à la conversion de l’œstrogène. Et bien sûr… elles aident à l’élimination, ce qui contribue à dire au revoir aux toxines de toutes sortes.

Les brassicacées

Cette famille de plantes (chou, chou de Bruxelles, brocoli, chou-fleur, chou frisé, etc.), contient de l’indole-3-carbinol, qui a la merveilleuse propriété de convertir le « mauvais œstrogène » en « bon œstrogène » et de désactiver l’œstrogène qui crée le cancer du sein. Les indoles sont détruits à la cuisson, alors il est suggéré de les consommer crus ou cuits légèrement à la vapeur. Pour la santé des femmes, on suggère d’en manger 3 à 4 fois par semaine ou si nécessaire, d’en prendre en suppléments.

Les végétaux phyto-œstrogènes

Estimés 100 à 500 fois moins forts que les œstrogènes de notre corps, ils maintiennent un équilibre hormonal en ayant une action anti-œstrogénique quand les niveaux du corps sont trop élevés et une action œstrogénique quand les niveaux sont trop bas. On retrouve trois catégories : les lignanes (lin, graines de citrouille, baies, grains entiers), les isoflavones (soya et fabacées) et les coumestanes (fève de lima et pinto, pois chiches, fenugrec, luzerne, fèves mung germées). Dans les dernières recherches, on dira de certains phyto-œstrogènes qu’ils ne contiennent pas d’œstrogènes mais qu’ils modulent simplement la captation d’œstrogènes.  Une consommation régulière de phyto-œstrogènes dans l’alimentation (soya fermenté de préférence, comme dans le miso, le tempeh et le tamari) est plus que bénéfique pour tout problème de dérèglement œstrogénique.

Les Acides Gras Essentiels (AGE) ou Omega 3

Les AGE, qu’on appelle aussi Omega 3 et 6 sont essentiels à plusieurs fonctions vitales de notre corps. Bien que les 9 ne soient pas considérés comme « essentiels » parce que le corps est capable d’en fabriquer, les chercheurs s’entendent pour dire qu’ils sont recommandés. On les trouve dans l’huile d’olive, les noix, les avocats, entre autres. Ils sont particulièrement importants pour la santé du système nerveux, cardio-vasculaire et hormonale, les cellules, les processus anti-inflammatoires et la gestion du sucre. Du point de vue féminin, des carences peuvent créer des syndromes prémenstruels intenses, des crampes lors des règles, des irrégularités du cycle, de l’anxiété, de la déprime et de la fatigue. On suggère d’alterner dans l’alimentation des huiles végétales (lin, chia, chanvre, bourrache, onagre) avec des huiles marines (algues, maquereau, thon, saumon, sardines). Lors de l’endométriose,  il peut être approprié de vous supplémenter en Omega 3 de source fiable. Mais comment choisir ses proportions d’acides gras polyinsaturés AEP et ADH et quel dosage prendre par jour? Les récentes recherches démontrent que l’ADH est plus efficace que l’AEP pour diminuer les processus inflammatoires, mais l’AEP l’est beaucoup plus au niveau des troubles de l’humeur. Dans une approche préventive, il est judicieux d’opter pour un ratio équilibré 2/1 APE-ADH, avec des doses d’environ 500 à 1000 mg par jour.

Le magnésium

L’agriculture intensive moderne ayant privé nos sols de magnésium, les fruits, légumes et céréales en contiennent beaucoup moins qu’avant. Pour cette raison, nous nous retrouvons souvent en carence de magnésium. Difficultés d’endormissement, sommeil léger, crampes musculaires et menstruelles, SPM, sensibilité au stress, anxiété, hyperémotivité peuvent être causés par un manque de magnésium. Un supplément de magnésium est beaucoup mieux assimilé par le corps sous forme liquide et sera bienvenue dans tous les cas d’endométriose.

Les probiotiques

Les intestins subissent en premier les conséquences de notre culture industrielle : stress, irritants contenus dans les additifs, médicaments, gluten, substances toxiques et/ou inflammatoires de toutes sortes. Les impacts sont multiples, et l’un d’eux est la santé de notre flore. Pour un système immunitaire et digestif sain, le microbiote intestinal est primordial. Si vous avez une tendance aux vaginites, aux cystites et aux problèmes intestinaux, ou après toute prise de médication ou d’hormones, il est approprié de faire une cure de probiotiques. Plus grande sera la diversité des bactéries du supplément, plus important sera l’effet : cherchez des probiotiques avec le plus grand nombre possible de souches (minimum 6).  Assurez-vous aussi que les capsules soient entérosolubles, pour une meilleure efficacité. En général, 25 à 35 milliards de bactéries suffisent, pas jour.

 

Pour aller plus loin – bibliographie et inspirations

Pérès, M-P.et LeBlanc, S-M. (2014). Sagesse et Pouvoirs du Cycle Féminin. Santé, fertilité et plantes amies : découvrez tous les secrets de votre bien-être. Paris : Le Souffle d’Or, Coll. « Chrysalide»

Bone, K., & Mills, S. (2013). Principles and Practice of Phytotherapy-E-Book: Modern Herbal Medicine. Elsevier Health Sciences.

Balick, M. J., Kronenberg, F., Ososki, A. L., Reiff, M., Fugh-Berman, A., Roble, M., … & Atha, D. (2000). Medicinal plants used by Latino healers for women’s health conditions in New York City. Economic botany54(3), 344-357.

Fugh-Berman, A., & Kronenberg, F. (2003). Complementary and alternative medicine (CAM) in reproductive-age women: a review of randomized controlled trials. Reproductive Toxicology17(2), 137-152.

Romm, A. Botanical Medicine for woman’s Health, 2010. Churchill, Livingstone .

Weng, Q., Ding, Z. M., Lv, X. L., Yang, D. X., Song, Y. Z., Wang, F. F., … & Qu, F. (2015). Chinese medicinal plants for advanced endometriosis after conservative surgery: a prospective, multi-center and controlled trial. International journal of clinical and experimental medicine8(7), 11307.

Wieser, F., Cohen, M., Gaeddert, A., Yu, J., Burks-Wicks, C., Berga, S. L., & Taylor, R. N. (2007). Evolution of medical treatment for endometriosis: back to the roots?. Human reproduction update13(5), 487-499.

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